Muriel Rodolosse

Muriel Rodolosse est née en 1964. Elle a fait ses études à Bordeaux et à Chicago, elle vit aujourd’hui entre Bordeaux et Paris.

A travers un ensemble de tableaux, l’artiste questionne les conceptions que l’homme porte sur l’idée de nature. En lien avec les débats actuels, sa réflexion interroge les actions réciproques qui modifient le comportement et les propriétés des éléments,  des corps et des phénomènes. Sa vision de la nature, en constante perturbation, s’éloigne des références et de la ‘permanence’ moderniste. L’artiste prend le chemin de la création à rebours. Elle détonne, cherchant à brouiller ou à s’embrouiller, ses peintures sont des antidotes dans un monde empoisonné.

‘’Situant ma peinture au-delà d’une égalité des genres mais dans  leur interdépendance,  je montre combien la classification  est autoritaire, théocratique, essentialiste et arbitraire. En déplaçant les genres, la nature des êtres et des éléments, les rapports d’échelle et de hiérarchie, ma peinture se qualifie de « non-Taxinomiste »  ‘’ (M. Rodolosse, 2014)

La peinture de Muriel Rodolosse incite le spectateur au déplacement, mouvement que le médium impose également à l’artiste qui se positionne au revers du support de Plexiglas transparent pour peindre de l’avant vers l’arrière. Premier plan d’abord, second plan ensuite puis elle termine par le fond. L’artiste se place physiquement derrière la peinture et fait face au spectateur que l’on imagine regardant l’œuvre.

Muriel Rodolosse peint donc à l’envers sur du Plexiglas.  Elle n’a jamais peint sur toile, refusant l’autorité de sa texture et de sa souplesse, lui préférant un support lisse et plus neutre. Elle a adopté cette technique depuis 1996. Le Plexiglas, rigide et transparent, permet de franchir le plan zéro du support et de passer toute la peinture à l’arrière. L’artiste construit ainsi le tableau dans son inversion ; elle commence par les détails et finit par le fond.  La hiérarchisation des plans est donc inversée, parfois mélangée dans certaines œuvres récentes. Dans ce mouvement entre la face lisse – exposée au regard – et la face intérieure, les coulisses en quelque sorte, se joue le lieu de la peinture entre ce qui est montré et ce qui est caché. Partant de l’idée que derrière ce que l’on regarde se cache l’autre face du monde, Muriel Rodolosse renverse la vision perspectiviste de la fenêtre ouverte sur le monde et interroge la nature de l’œuvre regardée, de l’autre côté du support. (*)

(*) Martine Michard, directrice du Centre d’art contemporain Maison des arts Georges et Claude Pompidou, 2014

Son travail a été montré dans plusieurs expositions personnelles en France, en Espagne, en  Allemagne et aux Etats-Unis. Elle prépare actuellement une exposition pour le musée de la ville d’Oslo et pour le château de Gordes. Parmi ses expositions personnelles : Centre d’art Château Lescombes (2017), Galerie Gowen contemporary (2015), Centre d’Art Contemporain Georges et Claude Pompidou, Cajarc (2014), CAC Château des Adhémar, Montélimar (2014),  Frac Aquitaine, Bordeaux (2011), Le Musée Calbet, Grisolles (2011),  Versteckt Just Around the Corner, Berlin (2010). Rodolosse a été dans plusieurs résidences d’artistes, notamment John David Mooney Foundation, Chicago (1996),  Maisons Daura à Saint-Cirq-Lapopie (2006), Chamalot (2009),  Appelboom (2010). Plusieurs catalogues d’exposition lui ont été consacré et en 2011 le Frac Aquitaine a édité une monographique.

Elle a obtenu le Grand prix  du salon d’art contemporain de Montrouge et le premier prix de la biennale d’Issy-les-Moulineaux.

CV (sélection)

Expositions personnelles

2016 Galerie La ligne bleue, Carsac-Aillac

2015 at the corner of my mind IN THE PARK, L’Etend’art, galerie des Jours de Lune, Metz De l’oxygène !, Gowen Contemporary, Genève (CH)

2014

Sans socle ni double-fond, Maison des arts Georges Pompidou, Cajarc

On the ruins of the Pizzeria, Centre d’art contemporain du Château des Adhémar, Montélimar

2012  Capc-Bibliothèque, Bordeaux, dans le cadre du lancement du site Documents d’artistes Aquitaine

 

o   Presse

2011 Emmanuelle Lequeux, Le Monde magazine, n°101, 20 août, p.52 / Yann Le Chevalier, Le parcours des arts, n°27, p.63

2010 Anne Dagbert, « Une oeuvre masquée », artpress, n°367, p.52-55

2008 Didier Arnaudet, « Caprice des jeux », artpress, n° 348, p. 89 et 90